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Habits trouvés
Lors du dernier Halloween, plusieurs vestes, jaquettes ont été retrouvées. A retirer au greffe jusqu'au 30 avril. Passé ce délai, ces habits seront déposés dans la benne de récupération TEX-AID.

L'Eglise de Sainte-Marie-Madeleine

Construit en 1580-1582, ce temple est en Suisse romande la plus ancienne des nouvelles constructions protestantes encore existantes. On ne saurait imaginer plan plus simple et plus sobre, ni édifice initialement plus austère : une salle rectangulaire sans aucune ornementation.

Seuls les murs extérieurs de ce temple ont encore leur apparence originelle, mais dans leur partie inférieure seulement. Initialement, la façade comprenant un clocher-arcade au-dessus de l'entrée. Un clocheton de bois remplaça probablement en 1790. Le clocher actuel date de 1855.

Aucun document ne permet de savoir quel pouvait être le dispositif initial. Il est d'autant plus difficile à reconstituer mentalement que, semble-t-il, la fenêtre ogivale située à l'opposé de la porte exista dès le moment de la construction. Elle fut masquée par la suite pour permettre d'y adosser la chaire ; mais cette dernière a été refoulée sur le côté lors de la dernière restauration-altération. Où se trouvait-elle à l'origine ? Si nous tenons compte du fait que la paroi orientale est percée de trois fenêtres, et l'occidentale d'une seule, nous pouvons imaginer qu?elle se dressait peut-être contre le mur ouest, à gauche entrant. Les bancs des fidèles auraient alors été disposés en large, avec la table de communion plus ou moins au centre. Selon le modèle réformé le plus courant, des bancs adossés aux murs devaient probablement faire le trou de la salle de culte.

 

L'édifice était moins élevé qu'actuellement et son plafond plus bas. Murs et toit ont été surélevés en 1790. C'est dire qu'il n'y avait pas de galerie et encore moins d'orgue. Cette absence de tout apparat était-elle excessive au point d'agir à la longue à l'égal du vide qui appelle un plein et de susciter les goûts décoratifs qui se sont manifestés au début de notre siècle ? Il est en coût cas significatif que le peintre Louis Rivier ait choisi ce temple-là, en 1909, pour sa première tentative de réintroduire des peintures figuratives dans un lieu de culte protestant en territoire francophone. Lors de la dernière restauration, qui fut aussi un remaniement complet et fort peu réformé de tous le dispositif, on a laissé subsister les bandeaux qu?il avait peints en manière de frise dans la partie supérieure des murs latéraux, mais on supprimé la crucifixion qui, derrière la chaire, ornait le centre de l'ogive qui est maintenant redevenue une fenêtre au plein sens du terme. La suppression de cette illustration de la crucifixion quelque cinquante ans après que son introduction dans ce temple ait presque fait figure de tournant dans l'histoire architecturale du protestantisme vaudois contre combien reste labile et sujet à caution le statut des images dans les lieux de culte réformés.